lundi 28 mars 2016

des quidams dans le labyrinthe

Jeudi 31 mars à 20h, la librairie Labyrinthes de Rambouillet, dans le passage de la rue Chasles, invite Pascal Arnaud, des éditions Quidam, et trois de ses auteurs : Monique Rivet pour le Cahier d'Alberto, Stéphane Vanderhaeghe pour Charognards et moi-même pour Pas Liev. Ça va être grand, venez nombreux, et n'hésitez pas à faire venir du monde !

dimanche 27 mars 2016

Le cœur du problème est un cadavre.

Le cœur du problème est un cadavre. Il n'est pas dans le placard mais bien en évidence dans le séjour, sous la balustrade effondrée. La compagne est dans son bain et peu diserte à propos de l'encombrant visiteur à propos duquel elle charge Simon, le narrateur et protagoniste, de faire comme bon lui semblera, parce qu'elle, elle s'en va.
Voilà, c'est le point de départ du dernier roman de Christian Oster, que j'ai bien aimé je dois dire. On est dans la tête du gars qui ne fait pas ce qu'il faut, et qui se demande ce qu'il y a dans celles des autres, notamment celle du gendarme qui l'a pris en amitié, ou peut-être pas, ou peut-être que si quand même, ou peut-être que si et qu'en même temps, ou peut-être, quoi.

Vivre avec une chose qu'on ne peut pas dire et qu'on voudrait bien dire, et avec un gendarme à côté ; c'est peut-être la vie aussi.

Afficher l'image d'origine

mercredi 23 mars 2016

conjugaison unipersonnelle

je désire
je délire
je délite
je dépite
je dépote
je dénote
je dénoue
je dévoue
je dévore
je décore
je décode
je décide
je décède


mardi 22 mars 2016

Tout sur rien

Ecrire sur rien est le meilleur moyen de tout dire. Et le rêve de chacun, depuis le « Ferai un vers de pur néant » de Guillaume d'Aquitaine jusqu'à l'« Aboli bibelot d'inanité sonore » de Mallarmé. Puis arrive Bruno Fern qui, l'air de rien, se saisit de ces deux vers sur rien pour en faire son exclusive matière, jusqu'à, les tordant à la paronomase, exclusif outil, arriver à leur faire dire précisément à peu près tout : une litanie jubilatoire, jubiloratoire même car je vous en recommande la lecture à voix haute, par exemple

100 – Quartier de la gare
Afro frites au kg distri sex & CENTOR

101 – Dédicaces
A Sophie V. Lou O Lili Juliette et Laure.

102 – Sous sa jupe
Anneau qui clique crypto léger patiné or.

103 – Private Beach
A l'abri des prolos, distingués se la dorent.

104 – De vrais pros
Atomisent l'Ostrogoth, y compris s'il implore.

105 – En son miroir
A l'oubli coule à flots, scintille et se dédore.

106 – Prédestiné
A grandi bon catho fidélisé chez Dior.

107 – Ils sont partout
A Beauly, Monaco, Disneyland et Angkor.


à leur faire dire à peu près tout disais-je, y compris l'envers même du projet enc cours :


108 – Récital poétique
Assoupit sirupo-éthéré déodore.



Bruno Fern, L'air de rin, précédé d'une préface de Jean-Pierre Verheggen, éditions Louise Bottu, collection contraintEs, 2015, p. 35-36.

Afficher l'image d'origine

lundi 21 mars 2016

Hygiène de l'écrivain

J'ai un défaut : je pousse l'hygiène un peu loin. Ça m'a beaucoup desservi, ça me desservira encore, mais que voulez-vous : je n'y peux rien. Comment ? Sous prétexte qu'il me faut déjà me trimbaler avec le triste fardeau d'être toujours le même – si j'en crois du moins mes empreintes digitales –, il faudrait qu'en plus je produise encore et sans cesse le même genre de livre, écrit dans le même style, bien reconnaissable de loin ? Foin de cela. Ne comptez pas sur moi pour garder deux jours de suite le même caleçon, je ne ne suis pas de ces auteurs dont le public suit la trace à l'odeur. Tant pis si l'on perd la mienne, je préfère qu'on me trouve où l'on ne m'attend pas.

Afficher l'image d'origine

vendredi 18 mars 2016

Hublots dans le Magazine Littéraire


On m'apprend - et merci encore à l'informatrice - que mes Hublots sont à l'honneur dans le numéro d'avril du Magazine Littéraire, qui vient juste de paraître. J'y raconte pourquoi la littérature c'est foutu, mais pour le billet entier, il faut quand même venir ici, cliquez donc. Et si voulez savoir comment c'est foutu, venez donc me voir samedi de 15h à 16h au stand Quidam en G69, il y aura non seulement Pas Liev mais aussi Liquide, Monsieur Le Comte au pied de la lettre et Rien (qu'une affaire de regard), ou bien dimanche en Aquitaine, soit en F23 ou D23, où je serai de 14h30 à 16h30 avec Mémoires des failles et Pascale Petit, même si elle ce n'est pas moi qui l'ai écrite.
Les curieux ont le droit de cliquer sur tous les petits liens.

mercredi 16 mars 2016

échauffements

Tu vas voir un peu comment je vais te révéler, dit-il en sortant son lapsus.


Nota bene : Dans les épisodes précédents, parus sur mon mur Facebook, on m'a vu déplorer que 

Dès qu'on s'exprime, le sexe prime ; alors on n'ose plus l'ouvrir.

et m'étonner que

Alors comme ça il paraît que le lape-suce est révélateur ?

Oui, vous avez compris : je m'échauffe en vue du prochain Printemps des Poètes.



mardi 15 mars 2016

lettre d’un cochon à la mer

Comme ma maison croulait j’ai empêché l’r de souffler et voilà que maintenant c’est mon bateau qui coule.


dimanche 13 mars 2016

week-end de salon

Samedi 19 mars je serai au Salon Livre Paris, officiellement de 15h à 16h au point G69 (je dis officiellement car un point pareil mérite bien qu'on s'y attarde davantage), sur le stand de Quidam, avec Pas LievLiquideMonsieur Le Comte au pied de la lettre et Rien (qu'une affaire de regard).
Dimanche 20 mars je serai au même salon, mais sur le stand Aquitaine en F ou D 23, de 14h30 à 16h30, pour Mémoires des failles et en compagnie de Pascale Petit pour Le parfum du jour est fraise.

En outre mon talent d'ubiquité devrait me permettre de faire sans problème quelques aller-retour entre Ile-de-France et Aquitaine pour les lecteurs contrariants qui souhaiteraient à toute force acquérir Mémoires des failles le samedi et Pas Liev le dimanche.

samedi 12 mars 2016

préalable

Il n'attend rien de la vie. Du coup la moindre respiration lui paraît une merveilleuse surprise.


jeudi 10 mars 2016

Pas Liev et les mathématiques

Pendant ce temps, lecteurs et lectrices continuent à s'enthousiasmer, n'ayons pas peur des mots, pour Pas Liev. Rien qu'hier, ce beau billet sur Sans dire, le blog d'Ozias Myssos ; cet autre sur Passion Lyre ; un autre encore sur Critiques Libres ; et aujourd'hui, ça ne s'invente pas, un très bel article dans le Chirurgien Dentiste de France, lisez plutôt (y a qu'à cliquer) :
Jamais un de mes livres n'avait reçu un tel accueil (pour le reste, c'est ici), même Une affaire de regard ou Liquide, pour lesquels je n'avais pas eu à me plaindre. Si je fais le rapport entre le nombre d'avis que j'ai pu lire un peu partout et le nombre des ventes, ce doit être près de 10 % des lecteurs qui ont eu l'envie de partager leur enthousiasme. Ça compte, ce genre de calcul ?

mercredi 9 mars 2016

Il est mort.

(...) enfui du magasin de jouets le petit soldat en plastique intrépide et discret reprend imperceptiblement haleine au fond de la poche en symbole séminal des figures futures tant dérobées que dissimulées ; lissée d'une caresse interrogative la couverture du livre s'ouvre en réponse sur la chambre abritant son volume dans sa densité et les recueillant dans une dimension universelle se refermant sur le sommeil ; longuement consultée la clé retirée de la serrure résistant à la sollicitation de la main inexpérimentée finit par suggérer l'utilisation inverse ouvrant aux rues à la ville et au monde proscrits par le foyer ; (…)


Marc Cholodenko, Il est mort ?, POL 2016, p. 72-73



lundi 7 mars 2016

lettre privée

Si vous avez privé la moule de son o ne vous étonnez pas que la mule se cabre.


samedi 5 mars 2016

N'importe quoi sur Richard Millet

Donc Richard Millet serait licencié par Gallimard pour avoir dit du mal de Maylis de Kerangal. Je lis ça ici, je ne sais si c'est une information mais enfin voilà. Apparemment, si je lis bien, l'idée de Millet c'était d'expliquer pourquoi la littérature française est nulle. Maylis de Kerangal est donc la littérature française, elle a dû être heureuse de le savoir. A moins qu'elle ait été simplement surprise, ça me paraît plus vraisemblable.
Je ne sais pas bien pourquoi j'écris ce billet. Je me sens un peu comme Liev, là ; je ne comprends pas trop ce qui se passe. Je me rappelle bien cette histoire de pétition lors de l'affaire Breivik, oui ; j'avais même écrit un billet dessus ; enfin j'avoue que c'était surtout pour me payer la tête de Patrick Besson. Donc Richard Millet va être licencié parce qu'il trouve que la littérature française qui n'est autre que Maylis de Kerangal un peu comme Batman s'appelle Bruce Wayne dans la vraie vie est nulle d'avoir signé une punition contre lui. Il y a une vague apparence de logique dans tout ça finalement. Ça vaut peut-être le coup de se poser deux ou trois questions quand même, peut-être que mon cerveau résistera, qui sait.
D'abord : la littérature française est-elle nulle ? J'avoue être assez mal placé pour répondre à une telle question : je n'ai lu qu'un seul livre de Maylis de Kerangal, c'était Réparer les vivants. Si Richard Millet m'avait averti plus tôt que c'était elle la littérature française j'en aurais lu d'autres. D'autant plus que j'ai trouvé ça bien, Réparer les vivants. Je ne dirais pas que c'est un coup de cœur, en tout cas je l'ai lu avec un vrai plaisir, ce qui n'est pas rien. Peut-être même avec davantage de plaisir que Dévorations, de Richard Millet, que j'avais trouvé intéressant aussi sans avoir été vraiment transporté quand même. Maintenant que je sais que ça n'était pas de la littérature française je me dis que c'est moins grave.
Allez, prenons des risques. Remettons en question la thèse de Millet. Maylis de Kerangal est-elle vraiment la littérature française ? Pourquoi la littérature française ne serait-elle pas quelqu'un d'autre ? Pourquoi, soyons fous, ne serait-elle pas Richard Millet en personne ? Là, je devine pourquoi non : Millet veut être tout seul. Il n'a besoin de personne en Harley-Davidson. Richard Millet, ce n'est pas la littérature française, c'est le Christ gravissant le Golgotha. Son licenciement de chez Gallimard, c'est un clou supplémentaire, l'occasion rêvée d'un soupir de jouissance ; réjouissons-nous avec lui.
Maylis de Kerangal, au contraire, représenterait, résumerait à elle seule toute la littérature française. Volodine, c'est Maylis de Kerangal. Marcel Cohen, c'est Maylis de Kerangal. Céline Minard, Eric Chevillard, Pierre Alferi, autant de visages de Maylis de Kerangal. Ne parlons pas de Pierre Michon ou d'Eugène Savitzkaya. Quand Raymond Federman est mort, nous avons perdu un peu de Maylis de Kerangal. Si la parenté entre ces différents auteurs vous échappe, dites-vous qu'elle s'appelle Maylis de Kerangal.
Bon. On aurait pu espérer aussi que Millet dénonçât en même temps un certain simplisme de la pensée critique, qui réduit les auteurs à des emblèmes. Mais non, visiblement on ne peut pas l'imaginer. Millet ne pense pas la même chose que d'autres représentants du milieu littéraire, politiquement c'est évident ; en tout cas il pense de la même manière : par raccourcis. (Par exemple : confondre la littérature et sa représentation.)

Il est pas mal, ce nouvel ordi. Oui j'en ai changé, le précédent allait sur ses quatorze ans, deux fois l'âge de raison de le changer. Il me restait à écrire un truc avec, n'importe quoi peu importe ; c'est fait.
A propos de cette affaire ridicule, on lira avec plaisir sur Causeur l'article de Matthieu Falcone, qui prétend défendre Richard Millet en rappelant qu'il est l'éditeur d'Aurélien Bellanger. Ça s'appelle un coup bas ou je ne m'y connais pas.

mercredi 2 mars 2016

Territoire 3

La revue Territoire 3 pour son amour(s) de numéro 3, ça ne s'invente pas, me fait le plaisir d'accueillir mon Histoire sans personne d'une personne sans histoire, une abiographie automatique, quoi, parmi d'autres belles productions non exclusivement verbales de Audrey Pannuti, Brigitte Guedj, Clara Gervais, Denis Viougeas, Domi Rampal, Frédéric Pauvarel, Fanette Paillard, Guillaume Guéraud, Guy Robert, Jean-Marc Hérouin, Jean-François Paillard, Jean-Pierre Ostende, Laurent Margantin, Loïc Beillet, Marion Rampal, Michimau, Mustafa Taj-aldin Almusa, Nadim el Malki, Ninon Paillard, Philippe Annocque, Ramzi Choukair, Thierry Sauvage. Cliquez donc, c'est en ligne !

mardi 1 mars 2016