lundi 27 juin 2016

Il faut croire à l'aller du ça.

croire que ça va aller. Ça va aller. Ça ira. Aller va de soi. Aller va. Aller ira. Ça ira puisque ça va. Ça va puisque c'est allé. Croire que tout ira, pas seulement que tout ira – c'est ça qui ira – mais que tout ira bien. Tout doit aller bien. Il suffit à ça d'aller. Ça va aller. Ça n'a pas besoin d'aller bien : ça va. Ça va aller bien ? Ça va aller suffit. Croire que ça va aller. Il n'est pas acquis que ça aille. Mais si ça va, c'est bien. Si ça va, c'est que ça va bien. Il est acquis que tout va, acquis que tout ira. Mais non que tout va bien, ni que tout ira bien. Il faut croire. Il faut y croire. Il faut croire au bien vers lequel ira tout. Il faut croire à l'aller du ça, au mouvement du ça. Il faut croire au bien de l'aller du tout. Sans ça, il n'y a que l'aller : va ! aller va ! allez ! Nous allons vers le croire que ça ira. Nous allons vers le croire que tout ira bien. Et si ça n'allait pas ? Et si tout allait, mais pas bien ? Si tout allait, mais mal ? Si ça rien ? Si

(tout allait rien)


Ana Tot, méca, Le Cadran ligné, 2016, p. 14.


Ana Tot déconstruit le langage mécanique qui nous fait dire ce que les mots veulent dire même sans qu'on le veuille. Ça vient de paraître au Cadran ligné et allez-y voir comment ça va.

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jeudi 23 juin 2016

Pas Liev, le monde et moi au Salon du Livre de Rambouillet

Dimanche aura lieu le 1er salon national du livre de Rambouillet, parmi les mérinos de la Bergerie Nationale (c'est une race locale, je ne blague pas). Ce sera un salon très mondain, comme vous pourrez vous en rendre compte en cliquant ici, or il se trouve que, à ce qu'il semble, je vis moi-même dans le monde, Pas Liev aussi, même Liev peut-être qui sait - du coup nous y serons, quoi.
Les infos pratiques sont .

mercredi 22 juin 2016

composer sans écrire

A partir de 42 incipit de romans ou nouvelles lus durant une année (l'un d'entre eux m'est particulièrement familier), selon une règle qu'il détaille dans l'introduction, Stéphane Vanderhaeghe compose Retour d'un chien, une nouvelle qu'il n'écrit pas, puisque les mots en sont déjà écrits, et donne ainsi corps à une idée à laquelle j'adhère : que toute littérature est d'abord oeuvre collective, Borges et d'autres l'ont dit mieux que moi. C'est à lire sur Diacritik
retour d'un chien

lundi 20 juin 2016

écouter Pas Liev dans la nuit et les champs

C'est Odile Lafond qui me fait le plaisir de lire quelques pages de Pas Liev, dans les champs et la nuit. C'est sur Trilles et mordants, et c'est beau : cliquez donc

dimanche 19 juin 2016

Le faire avec la voix.

Donc hier j'ai profité de La Nuit remue pour lire un peu de Vie des hauts plateaux, un peu de Mémoires des failles, un peu de Pas Liev. La lecture orale, plus ça va, plus j'aime ça. Je sens bien qu'il se passe quelque chose, même si je ne sais pas quoi. Toutes les occasions sont bonnes, qu'on se le dise.

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jeudi 16 juin 2016

La nuit remuera samedi

Samedi à partir de 19 heures, c'est La Nuit Remue, l'annuelle rencontre organisée par Remue.net, et je fais partie des heureux auteurs invités à vous lire quelque chose de leur cru. Ça aura lieu à la Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, 75003, Paris.
Je vous recopie le programme :

"L’important c’est de participer", a dit le baron... Alors entrons dans l’eau !
Cette année encore, la nuit remuera et elle remuera le samedi 18 juin, à partir de 19 heures. Les remous auront lieu à la bibliothèque Marguerite Audoux, à Paris, comme depuis quelques années déjà. La soirée est proposée par Matthieu Guérin et Éric Pessan avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.
Programme
19h Accueil du public
19h15 Première mi-temps
20h15 - 20h45 Pause
20h45 Deuxième mi-temps
Matthieu Guérin , Eric Pessan - 18 juin 2016

mardi 14 juin 2016

la seule vraie lettre d'amour

La seule vraie lettre d'amour
c'est bien sûr la deuxième
à condition de la dire.


(Je vous dirais bien que cette lettre-ci doit quelque chose à Pascale Petit mais qu'iriez-vous imaginer...)

dimanche 12 juin 2016

Note pour plus tard

Le jour où la mort l'attendra
il ne faudra pas qu'il oublie
d'aller marcher
Pas sûr qu'elle arrive à le suivre
dans le chant des merles
et la pluie







Pour la petite histoire, je dois ce petit poème, qui au départ n'est rien qu'un statut Facebook, à une bonne crève qui m'a tenu éveillé cette nuit comme la précédente. Comme je suis très rarement malade et que je suis un homme, à chaque fois j'ai l'impression que je vais mourir ; ce qui quand on y pense n'est pas tout à fait infondé. Plutôt que de mourir au lit, à quatre heures ce matin j'ai préféré allé marcher un peu ; en fait j'ai marché beaucoup, les merles chantaient, la pluie s'est mise à tomber et moi à courir et je me suis rendu compte que j'avais laissé la mort et sa pensée derrière moi, pendant qu'en pensée je composais ce texte, que j'ai posté aussitôt rentré.  

jeudi 9 juin 2016

au programme

C'est donc jusqu'à dimanche le Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice à Paris. Si vous passez au stand 110-112 des Editions de l'Attente, vous avez de bonnes chances d'y trouver mes Mémoires des failles. Si vous allez au stand 710, il y aura les éditions The Black Herald, dans la revue desquelles est parue l'an dernier ma nouvelle Révolution, lisible en français et aussi en anglais grâce à Rosemary Lloyd. Et enfin, last but not least, ce soir à vingt heures, c'est la soirée d'ouverture pour Dehors, le recueil en faveur des sans-abris auquel j'ai également participé.
Et samedi à 15h, je serai l'invité de Bénédicte Heim à la Rue Broca ; faites-donc un saut : c'est à deux pas. Ou trois peut-être.

mercredi 8 juin 2016

Maurice Pons, la mort et moi

J'apprends à l'instant la mort de Maurice Pons, l'auteur des Saisons, que j'ai découvert tardivement alors que ce livre est l'un des grands que la littérature du XXe siècle a produits, bien plus que pléthore d'autres régulièrement étudiés en classe. Plus de cinquante ans après sa parution, connaître les Saisons permet encore de vous classer dans la catégorie des lecteurs curieux, des authentiques connaisseurs, ce que vous voulez. Je trouve ça lamentable. Je ne sais pas quoi faire, mais je trouve ça proprement désespérant. Oui, bien sûr, vous devinez bien ; mon amertume n'est pas complètement détachée de préoccupations bassement personnelles, on n'y échappe pas et on n'a même pas honte de le reconnaître. Mais on ne peut pas éternellement remettre la mort à plus tard, et ce rappel fait toujours un peu gloups quand il passe.
J'avais écrit un article à propos des Saisons, sur mon ancien blog ; si ça vous intéresse je l'ai rapporté ici. Et , un extrait, tiens.
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Rencontre à la Rue Broca



Samedi prochain, Bénédicte Heim a la gentillesse de m'inviter à présenter mon travail, on vous attend !

mardi 7 juin 2016

Pas Liev à Chartres


Des mois après sa sortie, Pas Liev est toujours à l'honneur à la librairie L'Esperluète. C'est à Chartres et il fait beau.

samedi 4 juin 2016

Marie Cosnay écrit la Vie de HB

« Le petit bloc de l'amour de V(alentine) ça fait : je vous aime, ne vous aime plus, vous aime plus que jamais et plus du tout. On recommence : j'aime, j'aime pas. Un petit geste dit l'amour, le contraire. Ces petits gestes (balanciers) vous ne les apercevez pas quand même les regardez de vos yeux. Ils vous parlent. Ils vous disent Oui Non Oui Non. C'est vraiment ici qu'espérer c'est jouir. Oui Non Oui Non, un matin se lève après une soirée, un sujet d'écriture ennuie puis ranime. Il faut faire vite, avaler les pages, chercher la distraction au soir pour aimer son sujet au matin du lendemain. Oui Non. Toujours dans la mort (de l'objet aimé ou du sujet d'écrire) l'ogre se tient, juste au-dessus de zéro. La joie ? »


Marie Cosnay écrit la Vie de HB et c'est un roman, c'est plutôt un roman qu'autre chose, dont le héros ne s'appelle pas encore Stendhal ni même Henri Brulard et pas tout à fait Henri Beyle. C'est paru aux éditions Nous en 2016.

vendredi 3 juin 2016

lettre de cuisine

Sortez le poulpe de l’eau, puis sortez l’o du poulpe et cuisinez sa pulpe.


jeudi 2 juin 2016

ne restez pas dehors

Action Froid est une association qui imagine et réalise toutes sortes d'actions en faveur des gens n'ont pas de toit. Dehors est une anthologie dont l'ensemble des bénéfices sera reversé à cette belle association, et je suis bien heureux de faire partie des 107 auteurs qui y ont participé. Cliquez donc sur les liens pour en savoir plus.