mardi 25 avril 2017

Dans le jardin d'un hôtel avec Gabriel Josipovici

Bon, j'ai lu Dans le jardin d'un hôtel. C'est le roman de Gabriel Josipovici qui vient juste de paraître chez Quidam, dans la traduction de Vanessa Guignery. Oui, Quidam c'est mon éditeur. Et Gabriel Josipovici l'un des auteurs phares de son catalogue, auquel figurent déjà Moo Pak, Tout passe, Goldberg : Variations, Infini– l'histoire d'un moment. Oui, je les ai tous lus. Oui : je les ai tous aimés. Un peu plus que ça, même. J'ai même lu Contre-jour. Triptyque d'après Pierre Bonnard, paru chez Gallimard en 1988. Non, ils n'ont pas été fichus de le garder, chez Gallimard ; on se demande ce qu'ils fichent, d'ailleurs. Et j'en ai même lu un autre encore dont je tais le nom parce qu'il n'est pas disponible en français. Donc oui : mon intérêt pour le travail de Gabriel Josipovici dépasse ma naturelle solidarité avec mon éditeur.
En parler, maintenant. A chaque fois avec lui les mots me manquent. Il y a chez Josipovici une limpidité qui n'est pas qu'apparente, une sorte de limpidité proprement extraordinaire : on voit des choses qui sont si fines, si ténues qu'on est en droit de douter de leur propre existence. Et pourtant, on les voit. C'est qu'il y a là véritablement quelque chose. Alors bien sûr je pourrais juste gloser le récit : dire comment Ben raconte à Rick et Francesca comment, en vacances avec Sandra dans un hôtel qui n'est pas celui du titre, il a fait la rencontre de Lily, laquelle lui a racontée comment, autrefois, sa grand-mère est tombée amoureuse d'un jeune homme déjà fiancé, retrouvé, après une première rencontre, dans le jardin d'un hôtel, celui du titre cette fois, celui que Lily est venue retrouver cet été, à Sienne, juste avant de finir les vacances dans les Dolomites, où elle rencontre Ben. Mince, j'ai tout raconté. Horreur. Attends, je me relis. Non, ça va, je n'ai rien raconté du tout, en fait.

Car il s'est passé quelque chose là, dans cet hôtel, ou plus tard dans cet autre hôtel – ou non : il ne s'est rien passé. Non qu'on doute de la réalité objective des événements racontés comme dans certains romans contemporains qui par ailleurs me sont chers. Non. Simplement : savoir si ce qui s'est passé est quelque chose, ou pas. Car ce qu'on lit, ce n'est jamais que plusieurs conversations (il y aurait tout un travail à faire sur la conversation chez Josipovici, je la vois comme sa partition, la conversation, avec des interprètes multiples, des parties multiples ; si j'étais un peu musicien je vous expliquerais probablement ça beaucoup mieux), plusieurs conversations donc qui en retracent d'autres, d'autres conversations plus anciennes, le tout devenant une vaste conversation intégrant finalement celle entre Rick et Francesca, qui discutent entre eux de ce qu'ils ont entendu de la bouche de Ben, ne sont pas forcément d'accord, comme nous ne le serons pas, nous non plus, le jour où vous aurez lu Dans le jardin d'un hôtel et que nous en parlerons ensemble.


Gabriel Josipovici sera l'invité de la libraire Charybde, 129 rue de Charenton à Paris, demain mercredi à 19h30. Je ne vais pas manquer ça, pour ma part.


dimanche 23 avril 2017

devoir (pas seulement électoral)

Quelle différence voyez-vous entre "élu démocratiquement" et "élu de manière réglementaire" ?
Vous avez quatre heures. Et même un peu plus.


PS du soir : Voilà. La différence, on la vivra dans quinze jours, et pendant cinq ans.
(Précision : ce n'est évidemment pas la présence de Macron au 2e tour qui me gêne, même si on aura compris que ce n'était pas mon choix. C'est la présence d'une candidate que même Jean Lassalle aurait eu de bonnes chances de battre au second tour, tant elle provoque de rejet.)

vendredi 21 avril 2017

Histoire immédiate

Je viens de voir un truc dans le jardin, sur la pelouse. Je ne savais pas ce que c'était, ça n'avait pas l'air d'être un chat. Je n'avais pas mes lunettes alors je ne voyais pas bien mais ça n'avait pas l'air d'être un chat (parce que parfois dans le jardin sur la pelouse il y a un chat). Alors ce que j'ai fait : je suis sorti et je suis allé voir. Je suis arrivé sur place, je l'ai regardé de près (je vois très bien de près), et je l'ai même pris dans mes mains pour essayer de comprendre ce que c'était. En effet, ce n'était pas un chat, ce n'était pas du tout un chat. Je ne sais pas du tout ce que c'était.
Tout compte fait même de loin je n'ai pas vraiment besoin de lunettes.

samedi 15 avril 2017

Ego paradoxal

Quand on a le sentiment d'avoir vraiment réussi un livre (pour autant que réussir ait un sens), on aimerait bien mais on ne peut même pas vraiment en être fier. Au contraire, on se sent tout petit à côté ; on appréhende l'avenir. On ne fait pas son fier, quoi.

jeudi 13 avril 2017

La France a peur.

Comme disait Roger Gicquel, la France a peur. Rendez-vous compte : Jean-Luc Mélenchon, si l'on en croit les sondages, aurait une chance d'arriver au second tour. Panique à bord. Cela fait des mois qu'on nous annonce Marine Le Pen au second tour sans que ça émeuve plus que ça, on s'était fait une raison ; mais avec Mélenchon, non, ça n'est plus possible. Que signifie cette peur ? Ou plutôt, que présuppose-t-elle ? Que Le Pen sera au second tour (est-ce si inévitable, d'ailleurs ?), et que dans ce cas une part importante des électeurs se retrouvera sans choix possible. Personnellement il y a là quelque chose qui choque ma raison. Pour beaucoup d'électeurs, avoir Le Pen au second tour, ça signifie déjà devoir voter contre elle. C'est déjà en soi un non-choix. Un non-choix intolérable en démocratie. Et c'est le système même, ce type d'élections avec à la clé son régime de monarchie présidentielle, c'est cela la cause même du non-choix. Chaque parti tente de gagner par défaut contre Le Pen, laquelle dans tout ça n'est qu'un repoussoir. Que peut-on espérer d'un parti qui prend le pouvoir par défaut ? On a vu le résultat. Ce qu'il faut réformer, c'est la Ve République.

lundi 10 avril 2017

ce livre intitulé ce livre

*Permettez-moi de revenir un instant sur la notion d'autoréflexivité (ou autoréférentialité, ou conscience de soi), qui joue évidemment un rôle significatif ici. Depuis le tout début – depuis le titre, en fait – ce livre semble ne parler que de lui-même. Mais est-ce vraiment le cas ?*

Je m'étais promis de parler un peu de ce livre, ce livre, donc, dans ces Hublots, alors je le fais. Si du même Guy Bennett traduit par le même Frédéric Forte aux mêmes éditions de l'Attente vous avez déjà lu Poèmes évidents, ça va vous rappeler des souvenirs ; sinon, rappelez-vous.

Ce livre déictiquement intitulé ce livre fait le pari de ne parler que de lui, de la manière la plus essentielle qui soit, dans un projet qui n'est pas sans rappeler le livre sur rien de Flaubert dans sa lettre à Louise, mais qui assumerait de l'être vraiment. Mais tout en assumant vraiment n'être que cela, n'est-il pas aussi véritablement autre chose ?




jeudi 6 avril 2017

« Le mot, c'est la mort sans en avoir l'r. »

Je viens d'apprendre la disparition de Michel Arrivé. C'est bien trop tôt mais il paraît que c'est comme ça. C'est comme ça mais pour moi ça passera toujours mieux avec des mots, alors des mots en voici.
« Le mot, c'est la mort sans en avoir l'r. », non ça n'est pas de moi – et je le regrette. Car bien au-delà du très joli jeu de lettres cela dit bien tout ce qui à mes yeux est en jeu dans le langage. Ces mots sont de la main d'Adolphe Ripotois, l'écrivain méconnu dont Alfred Hellequin écrit la biographie dans les Remembrances du vieillard idiot, non le poème de Rimbaud mais le premier roman de Michel Arrivé, paru en 1977.
Michel Arrivé a donc écrit des romans ? Je n'en savais rien moi-même lorsque je l'ai rencontré à la Fête de l'Humanité, il y a une dizaine d'années. Pour moi, outre le Bescherelle dont il assurait la publication, Michel Arrivé était surtout le spécialiste de Jarry dont il a assuré l'édition dans la Pléiade (je me rappelle son œil surpris quand je lui ai mentionné son article « Structuration et destruction du signe dans quelques textes de Jarry » paru chez Larousse en 1972) et bien sûr le professeur de linguistique, auteur notamment de la Grammaire d'aujourd'hui qui a fait les beaux jours de l'étudiant en lettres que je fus et de pas mal d'autres.
C'était Une très vieille petite fille qui l'amenait au Village du Livre de la Fête de l'Huma, un roman où la mort et le mot encore étaient en jeu, puisque la narratrice n'aboutissait au livre qui nous était donné à lire que par la « désécriture » des registres qu'elle avait tenus durant sa vie entière, et ce dans l'espoir de prolonger sa longévité jusqu'à, pourquoi pas, l'immortalité.
Puis nous avons pris l'habitude de nous lire et Michel Arrivé m'avait fait l'honneur d'un très bel article sur Liquide dans lequel il était le premier, je ne m'en suis pas étonné, à noter l'effacement aussi discret que possible de la personne grammaticale du récit que je tentais d'y mettre en œuvre. Ecrire sur les livres de l'autre était une manière plus sûre d'en parler – j'ai moi-même publié sur ce blog quelques articles à propos notamment de ses romans suivants, également parus aux excellentes éditions Champ vallon : La Walkyrie et le professeur, Un bel immeuble, L'Homme qui achetait les rêves, vous pouvez cliquer –, une manière plus sûre pour nous d'en parler, disais-je, que d'attendre notre prochaine rencontre car il faut bien confesser que lors de celles-ci nous parlions assez peu de littérature, ni même de linguistique (et pourtant vous savez, ou au moins vous devinez combien la linguistique a pu me passionner et me passionne encore) car un autre sujet que nous avions en commun l'emportait toujours : la mycologie. A chaque fois que nous nous sommes rencontrés, nous avons toujours fini par parler de champignons. C'était un autre point commun, fort, qui nous rassemblait ; nous nous étions d'ailleurs fait la remarque que lui comme moi, nous avions goûté à peu près autant d'espèces différentes que notre vie comptait d'années. Comme il en avait une petite trentaine de plus que moi, il conservait largement l'avantage. Les champignons jouent d'ailleurs un rôle non négligeable dans certains de ses romans, aux côtés des rêves, au côté des mots – de la conscience des mots.

Mes pensées accompagnent sa famille, mes vœux accompagnent ses romans.

mardi 4 avril 2017

mercredi 29 mars 2017

lundi 27 mars 2017

Elue et lue

"Lisez Élise et lise, et lisez Philippe Annocque.
Élisez Annocque !"
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Olivier Quelier, et lisez donc par vous-même.

Lire Elise et Lise, c'est ce que fera jeudi prochain le formidable Christophe Brault, et je pèse mes mots, à la non moins formidable librairie Le Monte-en-l'air, 71 rue de Ménilmontant, ou bien 2 rue de la Mare, tous les chemins y mènent ; c'est jeudi à 19 heures. Venez tous !

mercredi 22 mars 2017

samedi de salon

Alors samedi je serai au Salon du Livre qui ne s'appelle plus le Salon du Livre mais Livres-Paris je crois mais comme je n'en suis pas sûr et vous non plus on va continuer à l'appeler le Salon du Livre pendant les cinquante, enfin disons les cinq prochaines années, samedi donc de 16h30 à 17h30 en P68 sur le stand de l'Ile de France avec Elise et Lise à propos desquelles Penvins vient juste de publier ce très bel articleElise et Lise et sans doute mes autres Quidam tandis qu'en K27 donc en Aquitaine il y aura les éditions de l'Attente avec notamment mes Mémoires des failles ; pour une fois qu'on peut traverser la France à pied n'hésitez pas.

dimanche 19 mars 2017

Ce n'est que bien plus tard qu'on peut l'aimer, mais alors ce n'est plus.

« Les feux de feuilles avaient une odeur délicieusement âcre. Comment savoir si on aime ou pas ce genre d'odeur au moment où on la sent ? Ce n'est que bien plus tard qu'on peut l'aimer, mais alors ce n'est plus une odeur. »
J'ai relevé ça exprès pour vous à la page 52 de La mer c'est rien du tout, le très beau nouveau livre de Joël Baqué paru en novembre dernier chez POL. J'ai relevé ce passage parce que ça ne dit rien du contenu que fait mine de résumer la 4e de couverture (Vivre une enfance languedocienne, devenir le plus jeune gendarme de France puis maître-nageur-sauveteur des CRS, découvrir la littérature et le plaisir d'écrire.), ça ne dit rien du contenu qu'on pourrait appeler de surface mais ça en dit beaucoup sur celui qui compte, en profondeur : Ce n'est que bien plus tard qu'on peut l'aimer, mais alors ce n'est plus.
Résultat de recherche d'images pour "joel baqué la mer c'est rien du tout"

jeudi 16 mars 2017

Imaginez.

Tout travail mérite salaire parce que tout travail mérite salaire. C'est la seule raison, en fait. Maintenant, imaginez qu'aucun travail ne mérite salaire. Je dis bien : AUCUN. Aucun travail ne mérite salaire. Imaginez. Non ? Bon.

mercredi 15 mars 2017

Des nouvelles d'Elise et Lise

J'ai reçu des nouvelles d'Elise et Lise. Elles font l'objet d'un coup de cœur à la librairie l'Histoire de l’œil, à Marseille. Comme vous êtes un peu paresseux, ou un peu fatigués en cette fin de journée, je vous recopie ça :

Élise et Lise se ressemblent beaucoup. Elles se complètent, elles sont amies. Mais sans doute cela est-il trop simple et, très vite, avec une parfaite maîtrise, Philippe Annocque donne à son « conte sans fées » du suspect, de l’inquiétude, dans ce quotidien si familier.
Les courts récits et ainsi les points de vue s’enchaînent : ceux de Lise, ceux d’Élise et ceux de Sarah également, amie de « seconde division » qui étudie à l’Université l’art du conte et qui livre ses acquis au fur et à mesure du récit, forçant ainsi la comparaison dangereuse entre la symbolique des histoires des Grimm ou Perrault et la relation des deux jeunes filles.
Annocque joue merveilleusement le rôle du chef d’orchestre entre toutes ces consciences pour mieux nous installer, très progressivement, dans une intrigue. Pour accélérer notre trouble et démontrer que, comme dans les contes, le léger cache parfois, souvent, le drame.

Et puis aujourd'hui, grand plaisir de découvrir cet article de Nathalie Peyrebonne, dans la revue Délibéré. Si vous n'avez pas peur d'avoir peur, lisez-le (« car les contes sont cruels, comme l'est aussi le roman vertigineux de Philippe Annocque »). C'est ici.

lundi 13 mars 2017

un autre sujet (ou peut-être deux)

L'adaptation à un milieu et à un mode de vie comparables finit par conférer à des espèces dépourvues de parenté (ou de parenté très éloignée) une ressemblance trompeuse. Ainsi en est-il du colibri et du moro-sphynx, de l’ichtyosaure et du dauphin, du ginkgo biloba et de n'importe quel autre arbre dit feuillu. On parle dans ce cas d'adaptation convergente.
Mais méfiez-vous : ça n'explique pas du tout la présence troublante d'un p, d'un i, d'un g et d'un n placés dans le même ordre dans les orthographes du pigeon et du pingouin.

mardi 7 mars 2017

Un sujet

Cela fait des années que cela me tracasse et il faut que je le dise : je suis très frappé par l'écart de taille entre les plus gros et les plus petits des félins, alors que par ailleurs ils ont entre eux tant de ressemblances. Je ne sais pas si l'équivalent existe ailleurs dans la nature. Je m'interroge. Parfois, ça me réveille la nuit.

lundi 6 mars 2017

plusieurs manières d'être heureux d'être lu

Il y a plusieurs manières d'être heureux d'être lu. Il y a par exemple le petit mot anonyme et drôlement bien tourné trouvé dans le casier du collège. Il y a l'article de la lectrice blogueuse qui avait aimé Pas Liev et du coup est venue exprès à la rencontre chez Charybde la semaine dernière, merci Tilly. A l'inverse, il y a l'article du blogueur qu'on ne connaissait pas du tout et dont on se demande comment il fait pour être si juste (jusque dans sa conclusion qui me fait un peu froid dans le dos tant souvent moi-même je me pose la question ; jugez plutôt). Et puis il y a le premier article de la presse officielle, et n'ayons pas peur de dire internationale puisque le Temps est suisse. Isabelle Rüf m'y traite de magicien, et elle sait d'où je viens pour me suivre depuis mes tout débuts, la chose est assez rare pour mériter d'être mentionnée, à l'époque où mon premier roman paraissait au Seuil et s'intitulait encore Une affaire de regard

dimanche 5 mars 2017

pleure un peu

Je viens de lire le dernier roman d'Eric Chevillard : c'est le premier roman d'Eric Chevillard. (Et tout de suite bien sûr roman à nouveau ne convient pas, fable ou conte serait meilleur. Mais quand même : ça raconte.) En tout cas c'est l'un de ces moments où dans une œuvre quelque chose bouge. Peut-être la mort récente d'Albert Moindre l'annonçait-elle. Du coup on attend encore plus le prochain – car c'est ça aussi la littérature : moins des livres qui existent que des livres qui n'existent que dans notre attente. En attendant, en lisant Ronce-Rose, même si c'est drôle tout le temps, on pleure un peu.

Résultat de recherche d'images pour "ronce en fleurs"

dimanche 26 février 2017

jeudi 23 février 2017

Elise et Lise en Charybde

Elise et Lise et leur auteur seront ce soir à la librairie Charybde (129 rue de Charenton, près de la Gare de Lyon) ; au cas où j'aurais oublié c'est même annoncé dans Libération. Elles sont aussi à l'honneur sur Remue.net sous la plume de Jacques Josse et sur la Cause Littéraire grâce à Emmanuelle Caminade. La Cause Littéraire où l'on peut aussi lire une interview de Pascal Arnaud (monsieur Quidam) par Philippe Chauché qui consacre aussi un passage à mes filles.

lundi 20 février 2017

Elise et Lise et compagnie

Ce blog a été un peu délaissé ces derniers temps, Carcassonne notamment en est la cause, et franchement quelle bonne cause, quelle belle cause ça a été ! Encore merci décidément à Valérie et Mehdi et à la belle librairie Mots & Cie. Jeudi 23 ce sera à Paris cette fois, à la Librairie Charybde que nous vous attendrons nombreux ; et cette soirée aussi je la sens bien : lisez donc la très belle recension que Monsieur Charybde 2 consacre à Elise et Lise. Déjà les libraires s'enflamment, on en oubliera les grands incendies de Londres, de Rome et de Pontypandy : "Philippe Annocque sème une fois de plus le trouble avec ce fascinant conte moderne, où Elise et Lise évoluent, non sans rappeler Elisabeth et Alma, magnétiques héroïnes de Persona de Bergman, au cœur d’une manipulation démoniaque, subtile mise en abyme des contes de Grimm et Perrault. Elisez, lisez Elise et Lise!" écrit Julie de la librairie Le Square, à Lourdes ; tandis que David Goulois du Cultura de Chambray-lès-Tours s'enthousiasme : "Deux femmes se rencontrent par le hasard de la vie. L’une s’appelle Elise, l’autre Lise, une lettre qui change tout pour le lecteur mais pas pour elles… Mimétisme, usurpation, l’une prend les affaires de l’autre, toutes deux rencontrent Luc… Entrecoupé par une réflexion sur le conte qu’une certaine Sarah mène de son coté comme une mise en abyme ce que nous sommes en train de lire. Génial !"
Sites et blogs littéraires ne sont pas en reste : Deux filles sur un iceberg, titre Guillaume Contré dans un très bel article sur Politique des Havanes, pour qui "le style d’Annocque, d’une trompeuse simplicité (la vraie simplicité, celle qui en bon iceberg, préfère la subtilité du récit – ce qu’on raconte et ne raconte pas, comment on le fait, sur quel ton – plutôt que les lanternes et vessies d’un style pompier), en apparentant une certaine naïveté (perverse, l’air de rien), se permet surtout des délices d’ambiguïté", tandis que Marie-Laure Vanier me rassure : "Philippe Annocque avait mis la barre tellement haut avec l’excellent Pas Liev (chez Quidam) qu’il doit être dans ses petits souliers pour la  sortie d’Élise et Lise : qu’il se rassure ! C’est encore un très bon texte qu’il nous offre là, de ceux sur lesquels on peut avancer différentes interprétations, proposer des lectures plurielles (n’est-ce pas le signe d’un grand texte ?) et comme j’adore débattre sur ce que j’ai lu, alors c’est parfait ! Parce qu’il y a de quoi faire…" - et cette inquiétude de l'après-Pas Liev, je l'avais en effet. Pas Liev, on en parle encore, d'ailleurs, lisez Penvins, lisez Au pouvoir des mots.
Enfin, last but not least, Alix Geysels, elle aussi auteur d'un bel article sur Elise et Lise, m'a fait le grand plaisir d'une interview virtuelle, une première pour moi comme pour elle, la voici :

mardi 14 février 2017

(et bonne Saint-Machin)

La langue, en nous interdisant en toute logique l’impératif au verbe pouvoir et en nous l’autorisant pour le verbe aimer, accuse discrètement mais joliment notre inconsistance.

Elise et Lise attendent votre déclaration d'amour vendredi à Carcassonne ou jeudi 23 à Paris, les précisions sont juste à droite.

vendredi 10 février 2017

une histoire d'amour

Le mâle place sa semence dans l'orifice de respiration de la femelle puis il meurt.

La femelle nettoie les œufs, les aère et les protège jusqu'à leur éclosion, pendant 150 jours, sans se nourrir, puis elle meurt.  

jeudi 9 février 2017

faire ce qui suit avec ce qui précède

A chaque fois que j'ai essayé de me plagier, j'ai raté mon coup. Ce doit être pour ça que je fais en sorte de ne pas me reconnaître – pour me rendre compte ensuite que c'est là la condition nécessaire à ma reconnaissance.

samedi 4 février 2017

La preuve que l'homme n'est pas si égoïste

La preuve que l'homme n'est pas si égoïste, c'est que les événements les plus importants de la vie, la naissance et la mort, il ne s'en souvient que pour autrui.

lundi 30 janvier 2017

L'âme viendrait.

« Quand s'accroît de tout ce d'isthme en isthme dont l'analphabétisme s'est étréci, comme deux vases communicants. Le roman cent fois plus désuet que la poésie, les poètes s'y engouffrent, se disputent les lecteurs réchappés. »

« Je me suis ameubli. Des fibres humaines ont pris rhizome et quand je tire ne lâchent pas. L'âme viendrait. »

« Des cris coupé le son. Lectures montées aux yeux. »

Christophe Stolowicki, Rhizome, Passages d'encres, 2016.

Afficher l'image d'origine

dimanche 29 janvier 2017

méthode quoi

Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.
Je suis moi.

samedi 28 janvier 2017

Réjouissons-nous.

Réjouissons-nous que cette épouvantable aubergine toute fripée et blanche de moisissure soit aussi cet appétissant saucisson de Savoie.

mercredi 25 janvier 2017

du kaki sur la langue

On doit choisir des fruits jeunes. Puis décoller d'un couteau le haut en préservant la tige d'où on les laissera pendre. La peau s'ôte pour laisser la chair à nu.

On suspend chaque fruit dehors, sous l'avant-toit de la mansarde, l'un après l'autre. On attend une semaine avant la première caresse : puis un à un masse-t-on ces pâles nourrissons, non en profondeur, mais en toute patience, comme pour ne pas les surprendre dans leur sommeil.

Une nuit passe et un jour avant le deuxième massage. On masse et masse le fruit de long en large, de façon à conserver aux hoshigaki des contours en cœur.

Une nuit et un jour passent, et la caresse recommence : et au fur et à mesure que le fruit dort et sèche, il fonce vers des noirs-marron où, de ci en là, des tons oranges percent comme vivantes des lueurs dedans.

Et puis, remontant à la surface, les sucres, à la crête des rides se creusant de plus en plus, aux confins de ces cœurs suspendus assidûment massés, les sucres ressortent en givres ou légères neiges sur les hauteurs autour des rides.


Alexander Dickow, Rhapsodie curieuse (diospyros kaki), éditions Louise Bottu, 2017, p. 42.



Voilà, j'ai terminé hier la lecture de Rhapsodie curieuse d'Alexander Dickow, écrite dans cette langue délicieuse et légèrement étrange qu'en toute conscience il fait sienne de la nôtre, et je dirais volontiers que je me suis régalé s'il ne restait désormais sur la mienne la persistance du goût imaginaire d'un kaki, japonais de préférence – et avec ce manque l'assurance qu'il me reste tant de choses à savourer ; on n'est pas là d'être rassasié de fruits, de vie et de poésie.

lundi 23 janvier 2017

Les primaires : un officieux vote contre

L'autre fois je parlais de l'officialisation d'un vote contre, rappelez-vous. Un avant-premier tour contre, avant un vrai premier tour pour. On va bien y venir : on y est déjà officieusement. Les primaires, c'est bien à ça que sert : à éliminer Sarkozy, à éliminer Valls. A quoi d'autre, franchement ? Là où on a un peu de peine pour eux, c'est quand on pense qu'il n'y a pas de primaires au FN – ouvertes à tous évidemment. Je suis bien certain que Germain Pilchard (qu'il me pardonne s'il existe) que les opposants à l'extrême-droite auraient choisi comme pied de biche, aurait sans la moindre difficulté battu la Marine prétendument nationale – et le FN pourrait quand même se targuer d'avoir un taux de participation à ses primaires qui ridiculiserait les autres partis. Tout le monde serait content, quoi.
Afficher l'image d'origine

dimanche 22 janvier 2017

art arbre brut ut

L'arbre ut
n'est qu'un arbre
alors il ne connaît pas les arts
et même de la musique
du vent dans ses branches
il ne connaît qu'une seule note
mais quand même

il en a la clé.


vendredi 20 janvier 2017

Moi aussi je voudrais bien un chronomètre.

Mon chef me fait appeler dans son bureau. Il me serre la main en même temps qu'il lâche des ronds de fumée. Les ronds de fumée ont au maximum trois centimètres de diamètre avant qu'ils ne se dissipent. Après avoir écrasé sa cigarette, il dit :
– Je veux avant toute chose te remercier pour ton travail remarquable. Tu fais du très bon boulot. L'entreprise est redevable à des gens comme toi. Mais comme tu le sais, cette usine n'est qu'une partie d'un plus vaste ensemble et c'est pourquoi, dès la semaine prochaine, tu seras affecté au bureau central. Il y a là-bas de nouvelles phases de temps à mesurer. De nouveaux employés à chronométrer et des méthodes de travail à ajuster.
Quand il termine sur le mot ajuster, c'est-à-dire sur ce « é » d'aperture moyenne antérieure, je comprends que j'ai trouvé une place où mon propre cerveau, mon corps autonome et ma pensée auront le champ libre.

Pär Thörn, le Chronométreur, Quidam, 2017, p. 59. Traduit du suédois par Julien Lapeyre de Cabanes.


Le Chronométreur ne pouvait pas s'intituler autrement. Le Chronométreur est le récit de la vie d'un homme qui passe son temps à le mesurer, et qui a le bonheur de trouver un travail à sa mesure. L'histoire d'un homme qui trouve sa place dans le monde, autrement dit. Une chance inespérée, appréciée qui plus est à sa juste valeur par celui à qui elle échoit. Tant de bonheur, je vous dis. Ça fait froid dans le dos.



mercredi 18 janvier 2017

tombe

les feuilles mortes
la pluie
la nuit
et avec elle parfois la chaleur du jour
la neige
et souvent les cheveux avant même d'en avoir la blancheur
les dents, qui l'avaient et ne l'ont plus
les seins
les fesses
le cœur dans la poitrine
la foudre

et les mots dans l'oreille d'un sourd quoi qu'il en dise

vendredi 13 janvier 2017

noms de couleur, suite

L'autre jour je parlais de noms de couleur, rappelez-vous. Je disais en substance qu'entre rose et rouge il y a moins de différence qu'entre bleu ciel et bleu marine et que pourtant bleu ciel et bleu marine sont bien bleu pour tout le monde alors qu'allez dire que telle robe rose est rouge, vous verrez – et vous voyez bien.
Et puis il y a les couleurs qui n'ont pas de nom. Elles n'ont tellement pas de nom qu'elles manquaient cruellement autrefois dans les boîtes de crayon de couleur pour colorier la peau humaine. Pourtant on avait bien besoin, et souvent, de colorier la peau humaine. Mais le crayon manquait, comme manquait le nom de la couleur.
Souvent les gens pensent que les gens ne sont pas tous de la même couleur. Ils le pensent tellement qu'ils disent même qu'il y a des peaux « blanches » et des peaux « noires », même s'ils n'y croient pas vraiment. Et des degrés intermédiaires qu'on aime à désigner par des mélanges – un peu de lait dans votre café ?
Mais c'est une illusion. Les gens sont tous de la même couleur. Les outils informatiques à cet égard sont pratiques. Prenez une couleur de peau humaine, n'importe laquelle. Vous pouvez la rendre plus claire, la rendre plus foncée ; ça reste une couleur de peau humaine. Ça reste la même couleur. Comme bleu : bleu ciel, bleu marine ; c'est bleu.

mercredi 11 janvier 2017

Conseils à un jeune écrivain

Écris sur des coquilles d'œufs avec une massue trempée dans l'eau claire.
Ou bien écris sur l'acier mais avec une ficelle de coton trempée dans l'eau claire.
Ou encore si tu y tiens écris au stylo-plume directement sur la surface de l'eau claire.


dimanche 8 janvier 2017

compter jusqu'à 10

Je suis tagué ! C'est sur Facebook mais il n'y a pas de raison pour les raisonnables réfractaires à ce réseau social n'en profitent pas. On veut me faire avouer la liste des dix livres qui m'ont le plus marqué. Eh bien comme je ne suis pas du genre à me dégonfler, je ne me dégonfle pas, et je réponds, même, et même dans un ordre sensiblement chronologique.

  1. De Enid Blyton, j'ai oublié le titre de cet album de Oui-Oui lu à la maternelle où Oui-Oui monte en voiture au sommet d'une montagne sans s'apercevoir qu'un fil de son pull s'est accroché et que tout son pull est en train de se détricoter. Un vrai cauchemar. Car Oui-Oui sans son pull est-il encore Oui-Oui ?
  2. D'Edmond Hamilton, Ville sous globe. Mon premier roman non spécifiquement jeunesse. Je devais avoir sept ans et je voyais ma grande sœur le lire. Je ne comprenais pas pourquoi pas moi, et j'ai réussi à vaincre les réticences paternelles. Je me rappelle très bien qu'en le lisant, je continuais à me demander pourquoi j'aurais été trop petit pour le lire.
  3. De Daniel Defoe, Robinson Crusoë. Mon premier classique, vers huit ans, c'est le premier roman anglais. Jamais relu. Pourtant je revois les sauvages prêts à tuer celui qui deviendra Vendredi. J'y étais.
  4. De Stan Lee et compagnie, Strange. J'avais 9, 10, 11 ans à l'époque où à chaque début de moi j'achetais ce comics et il y avait les X-men, Daredevil, Iron Man et l'Homme-Araignée. Dans cet ordre-là. Ça posait la question de l'identité, déjà. Ça ne m'a plus quitté.
  5. De Jack London, Croc-Blanc. J'avais 9 ou 10 ans. Etre un animal. Etre sauvage. Vivre dans la forêt. Et cette question, mine de rien, de l'adaptation de l'être au monde.
  6. De Samuel Beckett, Malone meurt, vers 18 ans. L'auteur qui m'a coupé la parole.
  7. De Flaubert, Bouvard et Pécuchet, vers 18 ans. Mon premier Flaubert, qui reste peut-être mon préféré. Parce que c'est comme ça, la vie. Bouvard et Pécuchet, c'est moi.
  8. De Gérard de Nerval, Aurélia, les Chimères..., vers 19 ans. Ça pouvait s'apprendre par cœur. Ça disait des choses qu'on n'avait pas besoin de comprendre pour les comprendre.
  9. De Coleridge, The Rhyme of the ancient Mariner, Kubla Khan..., vers 21 ans. Ça s'apprenait par cœur aussi. Et puis on pouvait le traduire en français. On pouvait même passer de la métrique anglaise à la française. C'était écrire aussi.
  10. Les Absences du Capitaine Cook, de Chevillard, à 38 ans. J'ai juré intérieurement quand j'ai lu la première page, debout dans la librairie. Et j'ai recommencé à lire de la littérature, après huit ans d'abstinence involontaire.


Dix, c'est très clairement pas assez. Manquent Kafka, Michaux, Proust, Borges, Homère, d'Aubigné, Volodine et pas mal d'autres. Mais c'est le jeu.

Afficher l'image d'origine

mercredi 4 janvier 2017

lundi 2 janvier 2017

dans la corbeille (16)

Je devrais commencer à faire la promotion du roman qui paraîtra en février prochain, ce serait bien plus malin que de ressortir de la corbeille ces fragments d'un roman avorté et franchement déprimant.



 Pendant que je recevais ce message, Rainer Kowling, un colporteur de rumeurs professionnel venu tout exprès pour colporter des rumeurs sur ma fête, est mort en plein travail. Je l’avais déjà vu une fois dans le hall du Manoir à la page 86 mais sans être moi-même premier du nom : c’était peu de temps avant mon mariage avec Prudence.
Pour voir, j’ai essayé de soigner Rainer de sa mort à l’aide de mon appareil à régler les problèmes. Le problème, c’est que la mort n’en est pas un, alors on ne peut pas la soigner.
Ensuite c’est un de mes moi-même qui est mort, puis un autre encore. J’ai regretté de ne pas être dans le jacuzzi, parce que j’aurais pu inviter la mort à m’y rejoindre : j’avais bien envie de la voir en maillot de bain.
C’était l’heure d’aller à la soirée d’Eliott, alors j’ai laissé tous les moi-même survivants à la maison et je suis parti. C’est peut-être pour ça qu’un de mes autres moi-même a trouvé ma fête complètement ratée. Mais d’autres se sont bien amusés.
Les gestionnaires de ce monde m’ont annoncé la mort d’Anita Vadelle, née Vasconcelos, qui ne s’est jamais appelée Antonia.


Anita Vadelle : page 65 - page 138


Les gestionnaires de ce monde m’ont annoncé la mort de Brian Foster-Rhodes, le fils que j’avais eu avec Abigail, dont la conversation était terriblement ennuyeuse et la couleur ennuyeusement humaine.


Brian Foster-Rhodes : page 47 - page 138


Je suis arrivé chez Eliott. J’y suis allé à pied car c’est tout près de chez nous : il habite toujours l’ancienne maison des sœurs Homeside. Il y avait là pas mal de monde, bien sûr, mais au moment où l’un des moi-même présents s’apprêtait à me draguer, car ni l’âge ni le sexe ne nous arrête, nous autres moi-même, je suis mort. Pourtant il n’était que 21 h 08. Et – c’était plus vexant encore – Jebidiah Maryland était là, bien vivant encore, à quatre mètres de moi tout au plus.
Tout le monde est venu assister à ma mort. Tout le monde, c’est-à-dire un autre moi-même – finalement il n’y en avait qu’un – Edmund Milosevic, le fils que j’avais eu d’Aminata à la page 62, Nadia Vadelle – la petite Nadia que j’avais eue avec Anouchka à une époque où je n’étais pas moi-même et qui était vieille à présent –, Jebidiah Maryland et enfin Clotilde et Mareva Vadelle, qu’on ne me demande pas qui sont ces jouvencelles bleues : je n’en savais rien.
Pendant que je mourais, j’ai quand même reçu un avis un peu tardif des gestionnaires de ce monde disant que ma fête était géniale et que décidément je savais m’amuser.

Et puis j’ai fini de mourir et la mort est allée faire des grimaces à Clotilde, ce qui l’a bien fait rire. En revanche Clotilde n’a pas apprécié quand la mort s’est permis de critiquer sa maison.