mardi 12 décembre 2017

le capital sympathie des papillons

Il y a des gens qui sont discrets et d'autres qui sont réservés et parfois les réservés, comme ils ne posent pas beaucoup de questions, ne sont pas au courant de ce que font les discrets, qui ne s'en vantent pas. Et parfois ça donne lieu à de belles surprises, comme ce livre, le capital sympathie des papillons, écrit par Nadia Porcar et publié aux éditions Isabelle Sauvage. (Les éditions Isabelle Sauvage, c'est bien !) C'est un récit qui est en même temps un portrait, celui d'une petite fille tantôt appelée « je », tantôt appelée « l'oiseau ». Un portrait composé de tout petits tableaux disposés en palindrome, peut-être même qu'on peut les relire à l'envers après les avoir lus à l'endroit, ce sera forcément un peu différent, ce sera forcément un peu différent parce qu'on aura déjà senti la chose horrible qui est racontée, non, qui est simplement dite, au milieu, mais si discrètement, si discrètement que moi je ne veux pas vous en dire plus, sinon que c'est un livre qui fait aimer l'oiseau et l'Est parisien des années soixante-dix, et qui doucement vous émeut.

dimanche 10 décembre 2017

Demande un peu à mon surchien

Mais mon surchien m'empêche de dire trop fort ce que j'en pense.



Alain Finkielkraut sur l'hommage à Johnny: «Les non-souchiens brillaient par leur absence»

vendredi 8 décembre 2017

A tous airs joués par Vanderhaegue

Je viens de finir à l'instant la lecture d'A tous les airs, le roman de Stéphane Vanderhaeghe paru cet automne chez Quidam. Du même auteur, comme on aime à dire, j'avais déjà lu et aimé Charognards. Pendant la lecture j'ai eu pourtant l'impression de lire complètement autre chose : quelle ressemblance entre cette histoire drôlatique de vieille(s) femme(s) mystérieuse(s) croisée(s) dans un cimetière où enquête un drôle de gendarme passionné de poésie et cet homme seul écrivant son journal cloîtré dans sa maison cernée par les corbeaux de Charognards ? Et puis, à peine le livre refermé, le soupçon subit qu'on m'aurait en réalité fait lire le même roman, mais déguisé sous d'autres atours. Non, pas le même roman : les deux romans sont vraiment très différents ; mais plutôt : le même livre. Le livre sous le roman. Le livre qui donne toute sa valeur au roman qu'il feint d'être. Je dirais : quelque chose sur l'illusion de l'existence. Quelque chose en tout cas qui donne à la présence de Stéphane Vanderhaeghe au catalogue de Quidam une belle signification en profondeur.

mercredi 6 décembre 2017

Toutes les questions sont bonnes.

C'était aujourd'hui le lancement du Prix littéraire des Lycéens, apprentis et stagiaires d'Ile-de-France. Elise et Lise fait partie de la sélection, aux côtés de Vie de ma voisine de Geneviève Brisac, Les gueules rouges de Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro, Limite d'Antoine Emaz, Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon, face à un public de cinq classes des Yvelines. C'était au Théâtre Montansier à Versailles. C'était sympathique et chaleureux. En fait je me rends compte que j'aime répondre aux questions, notamment les questions des jeunes (mais pas que des jeunes, hein). Toutes les questions sont bonnes. Toutes les questions questionnent vraiment.