vendredi 26 août 2016

jeudi 25 août 2016

A l'attention de Madame Audrey Azoulay, ministre de la Culture

Chère Madame,

J'ai l'honneur de solliciter modestement une place de conseiller culturel en charge de la littérature. Pour la France, quoi. Et la culture, accessoirement.

mercredi 24 août 2016

promotions d'été

Comme je disais l'autre jour c'est la rentrée littéraire alors que c'est en été que les gens ont le temps de lire et même parfois la bonne idée d'en parler, comme Marie-Laure Vanier à propos de Pas Liev et Sandrine Petit à propos de Liquide, que je remercie sans les connaître.
Tiens, je ne résiste pas au plaisir de recopier quelques passages de l'article de Marie-Laure Vanier sur mon dernier en date (lisible sur Libfly ou sur son blog) :
« Pas Liev est un texte fascinant parce que nous voyons le monde du point de vue d’un homme qui lui est étranger (Meursault n’est pas loin). Il ne comprend pas les signes que lui renvoie ce monde, ne déchiffre pas les mots qui lui sont adressés, ne semble pas connaître les conventions qui le régissent. Il se heurte à un réel de plus en plus opaque et brutal. Il se débat dans ses questions, ses interrogations, émet des doutes, essaie d’analyser, d’interpréter tant bien que mal des scènes comme s’il avait l’image mais pas le son.
Il demeure « en dehors, « à côté ». « Il est rare que la réalité coïncide parfaitement avec l’idée que l’on s’en fait. » se dit-il très justement. Et qui s’en fait une idée juste de cette réalité ? Liev ou les autres ? Existe-t-il d’ailleurs une « idée juste de la réalité », une façon d’appréhender de façon objective la réalité ?
Je pense aussi avec émotion à la scène sublime où il tourne sur lui-même sous le soleil éclatant de blancheur, dans la cour, ivre de bonheur à la pensée de Sonia, la fille de ses maîtres.
Fou, Liev ? Enfermé, s’inventant un univers qui n’existe que dans son imagination, contemplant, halluciné, le monde à travers la fenêtre d’un asile, entouré d’infirmiers psychiatriques chargés de calmer sa démence ? Peut-être ou peut-être pas. Peu importe d’ailleurs.

Pas Liev est un texte essentiel, mythique, dont l’écriture, à travers des structures répétitives, traduit de façon très expressive l’enfermement de l’homme dans sa terrible folie ou son immense lucidité, sa volonté de percer le réel, d’y voir clair somme toute. »

mardi 23 août 2016

Beckett écrit (1)

Alors cet été, j'ai surtout lu la correspondance de Beckett, en fait.
J'ai recopié des citations que j'ai collées sur Facebook, je vais essayer de les retrouver pour en mettre ici aussi. Je n'ai noté ni les dates ni les destinataires. Pardon.
Tiens, ceci. Ce n'est pas de Beckett, c'est adressé à lui. C'est drôle.

« Mon cher Beckett,
Herbert Read et moi-même avons tous deux lu WATT, et je dois avouer que nous sommes tous les deux très partagés sur ce livre et dans une extrême perplexité. Pour être tout à fait franc, je crains qu'il ne soit le plus souvent trop extravagant et inintelligible pour avoir la moindre chance d'être publié avec succès ici pour le moment... »

J'ai lu Watt, bien sûr. Je l'ai même relu il y a un an ou deux. Ces deux éditeurs ont parfaitement raison : c'est bien « trop extravagant et inintelligible pour avoir la moindre chance d'être publié avec succès ici pour le moment... » Je suis sérieux, évidemment.

Beckett lui-même écrit par exemple ceci :

« Je suis fatigué, probablement d'avoir trop écrit. Un livre de nouvelles, deux "romans" et une pièce en moins de deux ans. Ils surgissent dans le vide habituel et je n'en entends plus beaucoup parler. »

Ça rassure.
Ah oui, ceci aussi :

« Molloy est un livre long, l'avant-dernier de la série commencée avec Murphy, si on peut dire que c'est une série. »
Voilà. J'aimerais qu'on arrête de parler de la "trilogie" de Beckett. Six livres, et peut-être même plus, ça ne fait pas une trilogie.
Bon, c'est vrai que par la suite, au moment où il écrit l'Innommable, Beckett parle de ses trois derniers livres (Molloy, Malone meurt, L'Innommable) comme formant un tout, un seul livre en fait.
Mais il n'emploie pas le mot de trilogie, et l'Innommable fait explicitement référence aussi à Murphy, Watt et Mercier et Camier.

J'aime beaucoup celle-ci :

« Pardonne tous ces détails sur mes ouvrages. Ma vie semble ne pas être grand-chose d'autre. »


J'ai d'autres citations mais c'est encore les vacances alors je les garde pour demain ou un autre jour.


lundi 22 août 2016

Rentrée littéraire

Rentrée littéraire :
Grande fête du livre. Ne pas se demander pourquoi on appelle ça « rentrée » alors que les livres sortent. Ne pas se demander non plus pourquoi on l’organise juste au moment de l’année où les gens ont le moins de temps pour lire.

(Extrait du Petit dictionnaire des idées reçues sur la littérature contemporaine)


Les Hublots aussi, fidèles à l'incohérence générale, font leur rentrée. Et inaugurent avec ce billet un nouveau feuilleton, tiens.

samedi 9 juillet 2016

immersion imminente




























Les Hublots vont s'immerger quelque temps - celui d'une pause estivale qu'on vous souhaite belle.

mardi 5 juillet 2016

lettre ornithologique (2)

Quoi d’étonnant à ce que le manchot, qui n’a pas d’l, ignore les r et préfère son o ?



lundi 4 juillet 2016

elle semblait tirer sur sa peau pour qu'elle tienne

Elle, la fortune lui a poussé dans le ventre avec la faim. Avec son air de furet mal grandi, elle semblait tirer sur sa peau pour qu'elle tienne. Sa peau éclatée de soleil, de maigreur, d'envies sales contenues. Elle avançait bancale comme un sourire ébréché mais rien n'entamait plus sa détermination.


Bénédicte Heim, Sans cérémonie, Les Contrebandiers, 2016, p. 117.
Sans cérémonie

samedi 2 juillet 2016

D'accord.


J'ai failli intituler ce billet "Je suis pour" mais j'ai eu peur qu'on me confonde avec Michel Sardou.