mercredi 20 septembre 2017

Elise et Lise et d'autres Quidam à Belfort

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Les vendredis se suivent et se ressemblent comme se ressemblent Elise et Lise : vraiment et pas du tout. Après-demain c'est à Belfort que les libraires du Chat Borgne (36 faubourg de Montbéliard à Belfort) me font le plaisir de m'accueillir pour parler d'Elise et Lise et de quelques autres Quidam, y compris parmi ceux que je n'ai pas commis. Elles seront là elles-mêmes d'ailleurs, à ce que dit la rumeur ; venez donc vérifier par vous-mêmes !
L’image contient peut-être : personnes debout

mercredi 13 septembre 2017

Annocque à la Lanterne

Vendredi 15 septembre à 20h45, La Lanterne, pôle culturel de Rambouillet, 5 rue Gautherin, me fait le plaisir de m'inviter pour un entretien animé par Gérald Roubaud autour de mon travail d'auteur. Christophe Brault lira des extraits choisis par ses soins et rien que pour ça il faut venir !
(Et on pourra aussi se procurer les livres.)

lundi 11 septembre 2017

le nom des lespédèzes

La rosée blanche
ne tombe pas des lespédèzes
ondulant au vent

Bashō, traduit par Joan Titus-Carmel, chez Verdier

Car j'aime retrouver à l'autre bout du monde le nom des lespédèzes qui vont bientôt fleurir dans mon jardin.

dimanche 10 septembre 2017

Black Bassmann

« Le public avait boudé. Parler de bouderie était un euphémisme. Le premier soir, alors que le monologue avait déjà débuté, trois grands brûlés s'étaient affalés sur les sièges du dernier rang, peut-être ayant cru que l'édifice dans lequel ils venaient de pénétrer, et qui étaient un des seuls à tenir encore debout dans la ville, avait une vocation médicale. Sans avoir eu le temps de mesurer l'ampleur de leur méprise, ils avaient émis quelques râles, puis ils avaient observé un silence quasi sépulcral. Sous l'unique lampe, à l'autre bout du dépôt, un homme censé représenter l'ensemble des victimes de la consternante crapulerie humaine, vêtu de lambeaux et portant justement un masque de grand brûlé, déversait en direction de son comparse sa longue amertume, sa désespérance et sa philosophie du vide. Ce soir-là, Gavadjiyev avait entendu l'entrée et l'installation de ces trois spectateurs, et, durant toute la durée de la représentation, il avait spéculé avec plaisir sur les effets du bouche-à-oreille qui ne manquerait pas d'attirer bientôt vers le théâtre de nouveaux amateurs. Il avait apprécié le fait que ces trois hommes fussent restés sans bouger, faisant preuve d'une belle qualité d'écoute. Toutefois, à la fin de la séance, il avait été un peu refroidi par l'absence d'applaudissements, et, une fois les lampes de la salle rallumées, il avait dû accepter la réalité : le public n'avait pas survécu. »

C'est un extrait de Black Village, de Lutz Bassmann, qui vient de paraître chez Verdier. Si vous n'êtes pas encore familier de l'humour du désastre, en voici un bel exemple. Malgré la couleur du village, rien à voir avec l'humour noir : les livres de Bassmann sont tous pleins d'une tendresse désespérée pour l'humanité – et même un peu au-delà de l'humanité. Eh bien sûr un peu au-delà de l'au-delà.

Bassmann n'étant pas présent dans ce monde, la librairie Charybde a invité jeudi dernier son porte-parole Antoine Volodine. Vous avez peut-être raté ça. La vie est injuste. Mais il y aura sans doute un enregistrement.

mardi 5 septembre 2017

Elise et Lise en été

Et donc cet été Elise et Lise ont fait l'objet d'un bel article d'Alain Nicolas dans l'Humanité.fr, qui voit leur auteur comme un "virtuose de la désorientation", c'est ici ; et sur le blog l'avis textuel de Marie M qui me considère comme un "magicien des mots et des histoires, un diabolique conteur, c'est là.

lundi 4 septembre 2017

Bienvenue sur Terre

On voit les choses de là où l'on se trouve. En vadrouillant sur le Net je tombe sur un article de Purepeople (ça ne s'invente pas un titre pareil) où je lis que, enfin non je vous le recopie, c'est plus simple :

« Il y a quelques jours, Éric Naulleau a publiquement critiqué le recrutement de Christine Angot dans On n'est pas couché. Auprès de Paul Wermus pour VSD, le polémiste a déclaré : "Est-ce qu'une romancière parmi les plus médiocres de ces dernières années fera une bonne critique ?"
Samedi 2 septembre, quelques heures avant la grande première de l'écrivain de 58 ans dans ONPC, Laurent Ruquier a pris sa défense dans l'émission On refait la télé sur RTL. Et il n'y est pas allé de main morte avec son ex-collègue.
"Éric Naulleau a été un très bon chroniqueur mais, que je sache, il n'a pas pour l'instant vendu beaucoup de livres", a tout d'abord déclaré l'animateur avant de préciser que son ancien collaborateur a "mal digéré" son départ du programme après quatre ans d'antenne.
Puis, Laurent Ruquier a tenu à rappeler que c'est un peu grâce à lui si Éric Naulleau s'est fait un nom : "Je pense avoir aidé à le faire connaître, je ne suis pas sûr qu'on le connaissait beaucoup avant. Donc je pense qu'il pourrait au moins avoir ce petit souvenir et se dire, 'Allez, je laisse tranquille ceux qui me succèdent à ma place.' Ce serait élégant de sa part." Le message est clair ! »


Ce genre d'article me fascine, j'avoue. Je dois vivre sur une autre planète. Une planète où vendre « beaucoup de livres » ne fait pas un écrivain. Une planète où « se faire un nom » n'est tellement pas la priorité que personnellement j'ai connu Naulleau avant Ruquier, comme chroniqueur au Matricule des Anges et surtout par sa maison d'édition L'Esprit des Péninsules. C'est parce que je l'ai vu par hasard à la télé que parfois, je l'avoue, j'ai regardé cette émission, On n'est pas couché, et que j'ai mis un visage sur le nom de Laurent Ruquier. Et si vous voulez savoir ce que j'en pense, eh bien l'Esprit des Péninsules, c'était bien.
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vendredi 1 septembre 2017

Les hommes manquent mais heureusement le livre est pauvre.

Et pourquoi pas une rentrée littéraire plastique ? A l'opposé de la marchandisation de la littérature et de son apogée saisonnier, voici qu'avec Philippe Agostini je me livre à la pratique du livre pauvre. Il y en a quatre conçus et peints par ses soins et écrits par les miens qui sont en fait chacun un exemplaire unique, et dont aucun ne dit exactement la même chose, sauf l'essentiel, à savoir que
les hommes manquent.





jeudi 31 août 2017

le livre que je ne voulais pas

Je ne parlerai pas tellement de la rentrée littéraire qu'on pourrait aussi bien appeler hareng très téméraire tant ce concept est saugrenu. Il n'empêche qu'il y paraîtra, qu'il y paraît, qu'il y est déjà paru des livres que je lirai, ou que je lirais bien, ou que je regretterai de n'avoir pas lu mais il ne sera jamais trop tard – sauf un jour peut-être parce qu'il paraît que tout a une fin. Précisément. A ce sujet ou justement non il y en a un qui s'intitule Le livre que je ne voulais pas écrire et à propos duquel je vais faire mon Pierre Bayard en attendant de le lire. Il faut dire que pour moi c'est un peu le livre que je n'aurais pas voulu lire, et que sûrement je lirai quand même (même si peut-être pas tout de suite, ou peut-être que si, tout de suite ; on verra). Je n'aurais pas voulu le lire – comme son auteur, Erwan Larher, n'aurait pas voulu l'écrire. Mais s'il l'a écrit, s'il a pu l'écrire et s'il a senti qu'il pouvait et qu'il devait l'écrire, si le livre s'est imposé à lui comme je crois qu'il s'est imposé, alors je le lirai. Je vais sûrement pleurer un peu – je ne vais pas tout dire pourquoi mais j'en ai dit déjà un peu ici, vous pouvez cliquer – mais connaissant Erwan je vais sûrement rire aussi. Et penser. Panser, peut-être. Connaissant Erwan depuis son tout premier, Qu'avez-vous fait de moi ?, je sais aussi qu'il ne fera pas de la littérature une simple matière à sujet. Il s'est trouvé qu'il a rejoint Quidam, mon éditeur. Il s'est trouvé que comme tant d'autres personnes il est allé à un concert le 13 novembre. Il s'est trouvé que quand il était à l'hôpital je n'ai pas tellement pensé à lui tout simplement parce que je pensais à quelqu'un d'autre qui y était aussi (pas le même hôpital mais le même concert oui), je lui fais la bise pour ça aussi. Alors du coup ça mérite bien tous mes vœux à son livre, avant même que je ne le lise.

lundi 28 août 2017

conseils d'écriture

La recherche de l'incompréhension est un procédé réaliste. Il ne faut toutefois pas en abuser. Mais c'est un procédé réaliste. A manipuler avec modération, mais réaliste.
La répétition aussi est un procédé réaliste. De celui-là non plus il ne faut pas abuser. Mais il est réaliste. Très très réaliste. Réaliste. La répétition.
On peut utiliser la répétition pour favoriser l'incompréhension. C'est très réaliste. Peut-être que c'est encore plus réaliste. Mais il ne faut pas en abuser. Il ne faut pas.  

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samedi 26 août 2017

nouvelle

Une fois, nous avons trouvé un restaurant, dans un quartier où nous n'allons pas très souvent. Nous avons pris le même plat, à base de viande de mouton et de petits pois. Il y avait sûrement d'autres choses dedans. Nous nous sommes régalés. Du coup, par la suite, lorsque nous repassions dans ce quartier, nous retournions dans ce restaurant, et nous prenions le même plat. Comme c'était un quartier où nous n'allions pas souvent, nous ne sommes retournés que deux ou trois fois dans ce restaurant, peut-être même moins. Mais à chaque fois, nous nous régalions. Et puis une fois, nous sommes retournés dans ce quartier et dans ce restaurant, et nous avons pris le même plat. Mais nous ne sommes pas régalés. Le plat paraissait tout à fait quelconque, et même légèrement écœurant. Pourtant il était identique à l’œil, et aucun des ingrédients ne paraissait avarié. Pourtant nous n'avions pas eu l'occasion de nous en lasser, à y goûter une ou deux fois par an. Mais quelque chose avait changé. C'était peut-être lui. C'était peut-être nous. On ne peut pas savoir. Nous nous sommes posé la question. C'était une question intéressante. Nous ne sommes pas retournés dans ce restaurant, alors nous n'avons pas su la réponse.